J’avais quatre ou six ans et, par chance mes parents avaient décidé d’emménager devant un hôpital. Quelle bonne idée !!
J’ai des souvenirs d’étouffements, de démangeaisons, de douleurs intenses dans les bras de mon père alors qu’il m’amenait en courant dans le service des enfants.
Régulièrement je retrouvais cette chambre, ces baies vitrées et ces lits à barreaux. J’ai aussi le souvenir des autres enfants. Particulièrement d’une petite fille qui n’avait plus sa main gauche. Toutes les deux, on faisait le cirque. Dans la salle des infirmières, on allait gribouiller sur le grand tableau .
Et si au bout de quelques jours, moi je sortais toujours. Elle, elle restait là. Quand je partais elle me disait:
- A bientôt !
Car lors de mes multiples retours je la retrouvais toujours dans sa chambre.
Je crois que j’ai dû attraper toutes les maladies bénignes possibles et inimaginables. J’ai un carnet de santé aussi gros qu’un bottin où se trouve agrafé, faute de place, la longue liste des diverses cochonneries que j’ai pu choper.
On me disait de faible santé. Il a fallu attendre que je découvre ma narcolepsie pour comprendre. Un état de fatigue permanent rend le corps moins apte à ce défendre et donc, plus sensible aux maladies.
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